Le marché français des jeux d'argent connaît une croissance constante, avec un chiffre d'affaires total en hausse de 3,8 % au premier semestre 2024, atteignant 5,5 milliards d'euros. La Française des Jeux (FDJ), récemment renommée FDJ United suite à l'acquisition de Kindred en 2024, domine le marché, stimulant ainsi la concurrence. Toutefois, malgré cette croissance, l'absence de réglementation sur l'igaming (casinos en ligne) continue de freiner le secteur.
La légalisation de l'igaming a été retardée en raison de l'instabilité politique : le gouvernement Barnier, qui envisageait cette ouverture, est tombé en octobre 2024, et le nouveau gouvernement de François Bayrou reste fragile. Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ), insiste sur la nécessité de réglementations strictes si l'igaming est légalisé, notamment concernant la publicité et les opérateurs.
L'opposition des casinos physiques, craignant pertes économiques et emplois menacés, reste forte. Cependant, face à un important marché illégal en ligne, évalué entre 748 millions et 1,5 milliard d'euros en 2023, la pression s'accroît pour que la France régularise l'igaming. Malgré les efforts accrus de l'ANJ pour lutter contre ces sites illégaux, le secteur légal perd encore du terrain face à la facilité d'accès de ces plateformes non régulées.
Par ailleurs, une hausse significative des taxes prévue pour juillet 2025 inquiète les opérateurs légaux, notamment avec une augmentation des contributions sociales et l'introduction d'une taxe de 15 % sur les dépenses publicitaires liées aux jeux d'argent. Ces augmentations fiscales pourraient indirectement renforcer le marché illégal.
Malgré ces défis, l'importance économique potentielle de l'igaming pourrait conduire le gouvernement français à réexaminer sérieusement sa légalisation en 2025 ou début 2026.